Jeudi 1 mai 2008
Sacrées Sorcières (1983)
Auteur : Roahl Dahl
Illustrateur : Quentin Blake

Folio Junior


Extrait
" -Attention, mon petit, dit Grand-mère. Je vais te parler des vraies sorcières. Il ne s'agit pas des sorcières des contes de fées, mais de créatures bien vivantes ! Je ne mentirai jamais. Je te dirais l'horrible et l'épouvantable vérité. Tout ce que je vais te raconter est réellement arrivé. Et le pire, c'est que les sorcières vivent toujours parmi nous, et qu'elles ressemblent à n'importe quelle femme."


    Comme prévu voilà donc Sacrées Sorcières, l'histoire pétillante d'un petit garçon orphelin, recueilli par sa grand-mère. Transformé en souris lors d'une réunion tenue par une foultitude de sorcières il va lutter contre elles et tenter de vaincre la Grandissime Sorcière...
Palpitant ^^ ! Dévoration du livre en une petite heure. On se prend ensuite à repérer dans la rue toutes les femmes correspondant à la description des sorcières. Méfiance...
Un mini bémol néanmois... La fin trop abrupt comme une arrivée au bord d'une falaise qu'on n'avait pas perçu. J'aurait aimé que cela continue, que la lutte contre les sorcières de tout pays nous soit racontée... Hélas...

par Sophie publié dans : Lectures sucrées
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Vendredi 25 avril 2008
Les deux gredins (1980)
Auteur : Roald Dahl
Illustrateur : Quentin Blake

Folio Junior

Extrait :
" On peut faire des tas de tours avec un oeil de verre car on l'enlèvre et on le remet en un clin d'oeil. Soyez sûrs que Commère Gredin n'avait rien à apprendre de ce côté-là ! Un matin, mine de rien, elle jeta son oeil de verre dans la chope de bière de son époux. Compère Gredin s'assit pour siroter sa bière. La mousse formait une auréole blanche autour de ses lèvres. Il s'essuya la bouche sur sa manche et s'essuya la manche sur son pantalon. Commère Gredin tournait le dos à son époux, ainsi ne voyait-il pas qu'elle avait enlevé son oeil de verre. "Toi, tu mijotes une sale blague, dit-elle. Quand tu te tiens tranquille, c'est mauvais signe." Elle n'avait pas tort, la commère. Compère Gredin se raclait la cervelle pour trouver une blague horrible à jouer à son épouse. [...]


"Comment ça ?!? Tu ne connaît pas Roald Dahl ?!?" Et non, je ne connaissais pas... Alors à force d'en entendre parler, direction la bibliothèque rayon roman jeune.

Se déguste dans le métro comme du petit lait car affreusement drôle (et ça fait pas de mal une personne qui rit un peu dans le métro). On se demande au début qui du compère ou de la commère va avoir le dernier mot pour être au final assez surpris par le dénouement (mais trés content du sort qui leur ai réservé).
Prochain Roald Dahl programmé : Sacrées Sorcières !
par Sophie publié dans : Lectures sucrées
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Mercredi 26 mars 2008
Librairie l'Herbe rougevitrine.jpg
1 bis rue d'Alésia, 75014 Paris


Entretien réalisé avec Marion Jagu.

L'entretien avec "Gégène", libraire à l'Herbe Rouge, est le tout premier que nous avons réalisé. Nous avons pris rendez-vous, après avoir visité la librairie sur la pointe des pieds, en nous bataillant pour savoir qui s'aventurerai à parler. Finalement craquant sur Dans Moi de Kitty Crowther j'ai bien du passer à la caisse et en profiter pour glisser " On pourrait avoir un entretien avec vous ? " " Ça durera combien de temps ? " " Heu. Dix minutes. Peut-être un peu plus. " " Si vous arrivez à faire moins d'une demi-heure je vous félicite ! ". On est reparti sourire en poche, avec la perspective d'un jeudi pas comme les autres.

Avant de passer à la suite voici une description de la librairie qui fait pousser des étincelles sur la prunelle : Un mélange de peluche à l'ancienne et à la main, une vitrine remplies de couleurs et de promesses de rencontres avec tel où tel écrivain/illustrateur, un classement qui rappelle que l'enfance ne s'arrête pas à quinze ans : " de un à cent un ans " " de douze à cent douze ans " " etc.». Des bandes dessinées de qualité mise en avant. Un mini fauteuil chaleureux et accueillant, où les enfants s'assoient, un livre à la main, pendant que leurs parents vadrouillent dans la librairie. Une caisse perdue derrière des livres et des livres. Mais surtout le fameux " Gégène" qui n'hésite pas à raconter des histoires, à faire des réflexions-rires à voix hautes, à tous les occupants du lieu.
Nous voici Jeudi, et nous commençons à poser nos questions. La toute première arrive, facile, attendue, quand-est-ce et comment a été créée la librairie ?  La réponse arrive, rapide : en 1977  Gégène et ses deux compères avaient envie de monter soit une librairie, soit un restaurant, comme on peut le constater les livres l'ont emporté.   L'herbe rouge a donc ouvert ses portes. Au début elle contenait tous les sujets de passions des trois librairies : politique, jeunesse, bande dessinée. Néanmoins le mouvement de l'édition jeunesse, de plus en plus virulent, a décidé les libraires à se spécialiser dans ce secteur. En effet, il n'y avait à l'époque que deux librairies jeunesses à Paris, et presque aucune en France. Le projet était donc encore original, innovant, tandis qu'aujourd'hui il est presque banal au vu de la multitude de livres édités.
Dans la foulée, le libraire nous a donné son opinion au sujet de la production jeunesse actuelle. Pour lui, l'explosion que connaît le secteur dévoile surtout son aspect de plus en plus commerciale. Il y a de moins en moins de création. S'il se révéle le plus dynamique de  l'édition française c'est essentiellement parce qu'il est de moins en moins difficile d'éditer, de créer et de produire un livre jeunesse. Cela influe directement sur la qualité des livres, parmi lesquels on retrouve énormément de " déchets" couvrant et écrasant les livres plus audacieux des petites maisons d'éditions; même les maisons d'éditions, réputées dans le milieu de la littérature jeunesse, rentrent dans le jeu de la rentabilité. Ainsi le prix des librairies sorcières (Librairies spécialisés Jeunesse) est de plus en plus difficile à remettre, car il faut "filtrer" une quantité impressionnante de livres.


Par la suite, nous avons interrogé "Gégène" sur la façon dont la librairie effectuait son choix parmi les livres :

Les libraires établissent évidemment leurs choix en prenant en compte des présentations faites par les représentants. Cependant au regard de la production titanesque d'ouvrages, les représentants n'ont souvent pas les livres avec eux, et n'ont pas eu le temps de les lire. Il faut alors se fier en premier lieu à la quatrième de couverture. Ensuite "Françoise" lit entièrement chaque ouvrage jeunesse sélectionné et ne fait entrer sur les rayons que ceux qu'elle juge acceptables : "les coups de cœurs, et les coups de tendresses». Mais les libraires se fient aussi à l'avis postérieurs des clients. La nouveauté, tant qu'à elle, n'entre dans les rayons que si elle suscite un engouement important. Parfois les livres ne sont placés qu'un an après leur parution.
Selon "Gégène" les nouveautés ne se vendent que sur la période des deux jours suivant l'annonce de leur parution dans les médias : " Nous sommes dans une société de surinformation". Toutefois la médiatisation prend une place moins important que l'on ne le pense, les livres continuent à grandir, à prendre le temps, avant d'acquérir de la notoriété, et se vendent ensuite sur de longues durées.
Autre élément important déterminant le choix d'un livre : Le quartier où est située la librairie, et sa population.

Arrivant à ce point, nous avons demandé au libraire pourquoi il avait choisit ce quartier plutôt qu'un autre et comment était constituée la clientèle :

Le choix de l'emplacement s'est fait d'une part en fonction des lieux d'habitations des trois librairies, c'est à dire entre le treizième et le quinzième arrondissement, mais aussi parce qu'il y avait une école à proximité. Au fil des années la librairie s'est implantée dans le quartier, la clientèle a tournée de grands-parents à parents, de parents à enfants, etc. Ceux qui y viennent sont en grande partie des habitués. Ainsi l'Herbe Rouge compte 800 cartes de fidélités. Restant dans les chiffres, "Gégène" nous délivre le nombre de clients par jours : environs 25.
Sans compter les habitués, il y a aussi une grande part de clients qui viennent suite à la réputation que s'est construite l'Herbe Rouge sur ses trente années d'existence.

Elle compte ainsi un chiffre d'affaire d'à peu prés 300 000 euros au mètre carré.

 

Nous en sommes venus au partage des tâches entre les trois librairies :

Magalie, la plus jeune des trois, se charge de la rentrée des réassorts. Françoise reçoit les représentants, sélectionne les nouveautés, et fait la comptabilité. Gégène, s'occupe surtout du contact avec le client et des commandes, mais parfois il se mêle des nouveautés et de la comptabilité. Toutefois cette répartition n'est jamais permanente, tout dépend du nombre de clients, du temps, etc.


Ensuite, nous avons abordé le thème de la rentabilité des rayons de la librairie
:

En ce qui concerne la jeunesse, ce sont les albums de O à 3 ans et de 0 à 6 ans, destinés aux crèches, aux maternelles, et aux primaires. La littérature adulte, qui ne constitue que 20 % du stock, réalise 30 % du chiffre d'affaire, surtout les romans policiers. Ces livres s'écoulent plus rapidement que les livres jeunesse et sont souvent tout aussi cher quand ils ne sont pas en poche. La bande dessiné, très présente dans la librairie (située face à la caisse), se vend de façon inégale entre celle destinée à la jeunesse et celle destiné aux adultes, beaucoup moins acheté.
Les livres documentaires destinés aux enfants se vendent beaucoup moins bien. En effet les adultes n'osent pas les acheter évoquant comme raison le fait qu'ils ne connaissent pas suffisamment les goûts des enfants.

De même le rayon " famille " s'écoule très difficilement, toutefois la librairie le conserve puisqu'il a un lien direct avec l'enfance.

La place destinée à exposer les jeux est elle aussi présente pour relever l'appartenance de l'Herbe Rouge à la jeunesse. Les jouets se vendent bien, mais l'espace qui leur était réservé a diminué pour laisser plus de place au rayon jeunesse. Effectivement auparavant la librairie comptait une surface avec un grand tableau en forme de baleine, où les enfants pouvaient venir dessiner, qui a disparu.

Du côté adulte, ce sont les livres de science humaines qui ne se vendent pas.

 

Nous avons continué en demandant à "Gégène" comment s'organiser les animations de la librairie, et comment se construisait la vitrine :
En ce qui concerne les animations, il s'agit essentiellement de venues d'auteurs et d'illustrateurs jeunesse. Généralement , ils choisissent des gens qui ont la capacité de présenter un certains nombres de livres, qui se sont construits une certaine renommée, et vont être suivis. Il n'y a que durant la semaine des Librairies sorcières qu'ils mettent en avant des auteurs peu connus. En 25 ans d'existence, ils ont fait intervenir six auteurs et illustrateurs.

Les vitrines sont souvent constitués en fonction de ces venues (en ce moment Joëlle Jolivet), mais aussi sur des thématiques (En février : l'amour).

par Sophie publié dans : Rencontres professionnelles
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Jeudi 13 mars 2008
Quelque part il y a... (2001)TB2327121308_210.jpg
Auteur : Anne Jonas
Illustratrice : Cécile Gambini

Albin Michel Jeunesse



Extrait
Dans cette histoire,
il y a une immense nuit
où dansent en silence
des millions d'étoiles...


Choisi en fonction de l'illustratrice, Cécile Gambini qui a illustré  Coeur d'Alice de Stéphane Servant. Ravissement des pupilles encore une fois avec des images douces et colorées.
On se prend à rêver, se prélassant dans des couleurs pastels.
Départ au coeur de l'immense nuit pour arriver au creux des pages d'un livre. Poétique. Sucré. Et... enchanteur.


par Sophie publié dans : Lectures sucrées
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Mercredi 12 mars 2008
Vladimir Nabokov410N6YJXQ6L_AA240_-copie-1.jpg
Lolita
Traduction de Maurice Couturier


Quatrième de couv.
" Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolores sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. "


Hmm... Pas encore terminé mais presque.
Fascinée par la personnalité de Humbert Humert presque autant que par celle de Lolita la nymphette. Rien d'une enfant celle là. Innocente ? Je n'arrive pas à cerner...
Pas un livre qui vous prend à la gorge mais agréable quand même. On envie de livre la suite. D'arriver à la fin.
Complètement concquise par la description des nymphettes par Humbert...
Légèrement perturbée tout de même par cette perversité partagée qui passerait presque comme... normal par moment.



Extrait
" J'aimerais maintenant introduire l'idée suivante. On trouve parfois des pucelles, âgées au minimum de neuf et au maximum de quatorze ans, qui révèlent à certains voyageurs ensorcelés, comptant le double de leur âge et même bien davantage, leur nature véritable, laquelle n'est pas humaine mais nymphique (c'est-à-dire démoniaque) ; et ces créatures élues, je me propose de les appeler "nymphettes".
On notera que je m'exprime en termes de temps et non d'espace. J'aimerais, en fait, que le lecteur considère ces deux chiffres, "neuf" et "quatorze", comme les frontières - les plages miroitantes et les roches roses - d'une île enchantée, entourée d'une mer immense et brumeuse, que hantent lesdites nymphettes. Toutes les enfants entre ces deux âges sont-elles des nymphettes ? Bien sûr que non. Le seraient-elle que nous aurions depuis longtemps perdu la raison, nous qui sommes dans le secret, nous les voyageurs solitaires, les nympholeptes. Qui plus est, la beauté ne constitue nullement un critère ; et la vulgaritén ou du moins ce que l'on nomme ainsi dans une communauté donnée, n'amoindrit pas forcément certaines caracrtéristiques mystérieuses, cette grâce fatale, ce charme insaisissable, fuyant, insidieux, confondant, qui distingue la nymphette de telle ou telle de ses congénères qui sont infiniment plus dépendantes de l'univers spatial des phénomènes synchrones que de cet îlot intangible de temps enchanté où Lolita s'ébat avec ses semblables.
[...]
Il vous faut être un artiste doublé d'en fou, une créature d'une inifinie mélancolie, avec une bulle de poison ardent dans les reins et une flamme supra-voluptueuse brûlant en permanence dans votre délicate épine dorsale (oh, comme il vous faut rentrer sous terre, vous cacher !), pour discerner aussitôt, à des signes ineffables - la courbe légèrement féline d'une pommette, la finesse d'une jambe duveteuse, et autres indices que le désespoir et la honte et les larmes de tendresse m'interdisent d'énumérer -, le petit démon fatal au milieu de ces enfants en bonne sante ; aucune d'entre elles ne la reconnaît et elle demeure elle-même inconsciente du fantastique pouvoir qu'elle détient. "
par Sophie publié dans : Lectures salées
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Mercredi 12 mars 2008
J'aime t'embrasser (2008)jaimetembrasse.jpg
Auteur : Davide Cali
Illustrateur : Serge  Bloch

Edition Sarbacane


Extrait
" J'aime t'embrasser
le matin
avant de partir
quand tu dors encore.
En fermant la porte,
je t'imagine :
as-tu senti mon baiser ?
Peut-être es-tu en train
de me chercher
de la main, dans le lit ? "



Tendre recueil de souvenirs amoureux. Baisers échangés dans tout les coins de la ville, ascenceurs, passage piéton ou au premier rang d'une salle de cinéma.  Et du monde, Florence, Sienne, sur le bateau pour la Sardaigne,...
Mots d'amour aux images amusantes et sincères.
Lu en quelques minutes, relu durant des jours.




par Sophie publié dans : Lectures sucrées
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Lundi 10 mars 2008
Entretien réalisé le 22 février 2008 en commun avec Marion Jagu.

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Laurence Tutello est libraire au Chat Pitre et présidente de l'Association des Librairies Spécialisées Jeunesse.

 

    Laurence Tutello nous a reçu dans sa librairie aux heures où les lecteurs doivent répondre aux exigences de leurs estomacs. Nous, assises sur des sièges pour petits gabarits, et elle debout les yeux montant aux ciels pour trouver les mots justes et retombant sur nous pour nous les donner.
La première question est vite arrivée : souhaitant travailler dans la jeunesse, nous avons cherché à savoir comment elle y est arrivé. La réponse n'a pas fait un pli. Il n'y avait beaucoup de librairies jeunesses à l'époque de l'ouverture du Chat Pitre ( Octobre 1994 ) et le secteur avait un fort potentiel. De plus, Laurence Tuttelo était guidé par un amour des livres illustrés. Elle a donc d'abord mené le projet seule , sans baisser les bras, pendant un an et neuf mois, implantant sa librairie face à un parc et à proximité d'une école. Ensuite, Sylvia la rejoint. Aujourd'hui elle se charge des représentants et de la gestion, tandis que sa partenaire s'occupe de la réception des livres, des commandes et des nouveautés. Elles se partagent le conseil au lecteur. Comme beaucoup des premiers libraires jeunesse, Laurence Tutello a appris sur le tas. L'aventure, quoi.

Le métier de libraire paraît ressembler à ce mot "aventure", même en suivant une formation, il faut savoir rester à l'écoute du monde et "bouger avec lui" en se remettant perpétuellement en question.

    La seconde question est venu sur le fil : Quel rapport la libaririe entretient-t-elle avec la clientéle ? La réponse a confirmé tous nos soupçons sur la différence existante entre une librairie et un mégastore. En effet, le Chat Pitre est la seule librairie de son quartier, elle a donc dévellopé une clientéle d'habitués, une "clientèle personnalisée", qui trouve auprès du libraire un conseiller et un ami.
Il faut savoir de plus que la librairie a finit par dévellopé un fond adulte à la demande de ses clients.
    Connaisant la relation de la librairie avec ses lecteurs, nous avons jeté un oeil curieux de l'autre côté du monde livre : Qu'elle était donc la relation du libraire avec les maisons d'éditions ? Laurence Tutello nous a répondu que ce lien se construisait avec les représentants, mais aussi l'organisation d'événements (rencontre avec des auteurs dans la librairie, mise en place de vitrine dédiée à une maison d'édition, un illustrateurs, etc ). Toutefois, les représentants ont aujourd'hui tendance à changer rapidement, et à ne plus venir dans les quartiers, ce qui pousse à utiliser uniquement l'office....Nous avons appris dans la foulée que ce dernier est parfois imposé par les maisons d'éditions aux librairies. La sélection des livres devient donc de moins en moins évidente, et de plus en plus tatonnante.
Cela ajouté à la surproduction littéraire actuelle, qui réduit considérablement le temps pour travailler les livres et les sélectionner avec attention. Toutefois, selon Laurence Tutello, les éditeurs commencent à prendre conscience de cette situation et à réduire progressivement le nombre d'ouvrages édités par mois.


    Dans la lignée nous avons demandé la façon dont le Chat Pitre sélectionnait les livres qu'elle mettait en rayon. Ricochant elle aussi sur sa réponses precedente Laurence Tutello nous a dit qu'elle s'appuyait d'une sur les représentants et de l'autre sur sa propre connaisance des auteurs et des illustrateurs. Néanmois un travail important est fournie par les libraires avant de mettre un livre en rayon, puisqu'elle et sa collègue ( Sylvia ) lisent la totalité des ouvra
ges choisis. Ensuite elles constituent des tables selon leurs coups de coeurs, qui ne sont pas toujours les nouveautés où les livres des grosses maisons d'éditions ( au contraire ). Quant aux vitrines, elles sont confectionnées autour d'un thème qui reste pendant trois semaines, sauf dans les cas execptionnels (ex : lors de la réception d'un auteur, la vitrine construite autour de son travail dure un mois et demi).

    L'entretien s'est achevé sur une reflexion à propos de l'évolution des lecteurs, donc des enfants. Ceux-ci deviennent des enfants de l'image, des enfants du zapping. Il faut apprendre à s'adapter à cet évolution, les enfants évoluent avec leurs temps, les libraires aussi.
par Sophie publié dans : Rencontres professionnelles
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Mercredi 5 mars 2008
Jeffrey EugenidesVirgin-suicides.jpg
Virgin Suicides  (1993)
Traduit de l'américain par Marc Cholodenko (1995)

Quatrième de couv. : Des adolescents amoureux s'efforcent de percer le mystère des filles Lisbon. Du haut d'une cabane nichée dans les arbres, ils passent leur temps à scruter les fenêtres de leur maison. Vingt ans plus tard, ils rassemblent des fragments de ragots et de ouÏ-dire, de conversations téléphoniques, de rapports de médecins et de confessions crues et tourmentées. Autant de pièces à conviction qui expliqueront peut-être les morts successives de Cecilia, Therese, Bonnie, Lux et Mary.


Hmm... Lu d'une traite. Commencé le mardi matin, terminé le mercredi soir. Une atmosphère... trés lourde, pesante, un brin douloureuse. Malgré leur omniprésence on ne connait pas grand chose des soeurs. Cécilia nous quitte dès les premières pages, Mary, Thérèse et Bonnie sont présentent sans être vraiment là, seule Lux semble avoir un caractère bien défini. Les cinqs semblent ne former qu'une seule entité, les filles Lisbon. Enfermées dans une solitude effrayante.
Les pages sont lourdes à tourner.
Comble de l'horreur. Tout les observateurs, commérages de quartier. Et personne pour ouvrir la porte de la maison Lisbon, personne pour libérer les filles, pour laisser s'échapper l'odeur de mort qui rôde à tout les étages.
J'ai beaucoup aimé.
Pas vu le film mais je pense que ça ne saurait tardé...


Extrait
Quand Trip Fontaine passe la soirée à regarder la télé chez les Lisbon en espérant pouvoir approcher Lux. Fin de la soirée. Trip regagne sa voiture.

"Il pose la nuque qur l'appui-tête et ouvrit la bouche pour alléger le poids qui oppressait sa poitrine. Il se sentit attrapé par ses longs revers, tiré en avant et poussé en arrière, tandis qu'une créature pourvue d'une centaine de bouches se mettait à lui sucer la moelle des os. Elle ne dit rien tandis qu'elle s'abattait sur lui comme un animal affamé, et il n'aurait pas su qui c'était s'il n'y avait pas eu le goût de son chewing-gum à la pastèque, qu'il se retrouva en train de mâcher après les premiers baisers torrides. Elle ne portait plus son pantalon mais une chemise de nuit en flanelle. Ses pieds, mouillés par la rosée, sentaient les prés. Il glissa la main sur ses jambes froides, ses genoux chauds, ses cuisses duveteuses, puis, avec terreur, il mit un doigt dans la bouche vorace de l'animal qu'elle tenait en laisse sous sa taille. C'était comme s'il n'avait jamais touché une fille ; il sentit de la fourrure et une substance huileuse qui rappelait l'isolant qui recouvre le pelage des loutres. Deux bêtes vivaient dans la voiture, une au-dessus, soufflant par le nez et le mordant, et l'autre en dessous, luttant pour sortir de sa cage humide. Avec vaillance il fit ce qu'il peut pour les nourrir, les apaiser mais à mesure que le temps passait il s'en sentait de plus en plus incapable, et après quelques minutes, avec les simples mots : "Faut que j'y retourne avant qu'ils viennent me dire bonne nuit", Lux le quitta, plus mort que vif."

par Sophie publié dans : Lectures salées
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Mercredi 27 février 2008
[Note : Toutes les rencontres du salon du livre jeunesse à Montreuil ont été faites en compagnie de ma trés chère bînome Marion ^^]

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    Notre deuxième rencontre a été avec l’éditrice de la Cabane sur le chien. Cette petite maison d’édition n’en ai pas une à proprement parlé, c’est une association basée sur le bénévolat, mais le travail est le même.
 

    Cette petite maison d’édition a débuté avec juste un graphiste et un auteur qui se sont associé pour publier un livre. Avec l’argent gagné, ils ont réinvestis dans d’autres livres et se sont développés petit à petit. 

    L’éditrice nous a expliqué qu’elle faisait très peu de commande et que le plus souvent c’était un auteur qui proposé son texte. Le choix des livres se fait ensuite surtout par rapport au goût, au feeling, mais aussi par rapport au sujet car il faut que cela corresponde au style de la maison. L’éditrice de ricochet avec laquelle nous avons eu l’occasion de discuter par la suite nous a confirmé cette méthode de choix du livre. 

    Après avoir choisit un texte, l’éditrice apporte peu de retouche sur un texte. Et pour ce qui est de l’illustration, la maison d’édition s’occupe juste de la mise en page. 

    Au niveau du contact, elle nous a expliqué qu’Internet aidé beaucoup (La Cabane sur le chien a créé un site internet) et que le salon du livre jeunesse permettait de rencontrer plein de libraire ce qui été bien pour la promotion. Mais le salon ne leur permet pas d’augmenter leur chiffre d’affaire car les livres qu’ils ont vendus couvre à peine les frais de participation au salon.


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Mercredi 27 février 2008
Rencontre avec un auteur : Stephane Servant


[Note : Toutes les rencontres du salon du livre jeunesse à Montreuil ont été faites en compagnie de ma trés chère bînome Marion ^^]

Notre première rencontre a été celle de Stephane Servant, venu dédicacer son livre « Cœur d’Alice » aux éditions Rue du monde.

 

Nous avons commencé par lui demander pourquoi il avait choisit cette maison d’édition. Il a fait ce choix par rapport à leur travail qu’il aimait et par rapport à leur style d’écriture plutôt poétique qu’il trouvait assez proche du sien.

Nous avons ensuite enchaîné sur les relations entretenues entre l’auteur et la maison d’édition. Stephane Servant a un vrai contact avec son éditeur et est beaucoup suivi notamment dans la réécriture du texte. Un auteur de la même maison étant venu lui aussi dédicacer son livre et ayant déjà travaillé auparavant dans une grande maison d’édition nous a expliqué que dans celles-ci l’auteur est juste un numéro, l’éditeur ne prend pas le temps de bien connaître tous ces auteurs. De plus, comme l’équipe change souvent, il est dur d’établir de véritables contacts.

Comme nous l’a ensuite confirmé l’intervention de l’illustrateur, Stephane Servant n’a pas choisit les images de son livre, c’est l’éditeur qui a proposé le texte à un illustrateur.

Pour finir, nous lui avons demandé si le métier d’auteur subvenait entièrement à ses besoins. Et il semblerait que non car il exerce un autre métier à côté, il est illustrateur presse chez Milan (mais il n’illustre pas lui-même ses textes car il trouve cela trop long).

     

            Cette rencontre nous a confirmé la première idée que nous avions vis-à-vis de la différence des relations entre auteur et éditeur que l’on peut trouver dans une grande ou une petite maison d’édition. Il semble en effet y avoir plus de contacts et de convivialité dans les petites maisons d’édition que dans les grandes, cela résultant surtout du nombre de personne travaillant dans la maison.        

par Sophie publié dans : Rencontres professionnelles
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